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un stade[1]. Des jeux olympiques se célébrèrent aux dépens de la ville, et un revenu de trente mille livres sterling était affecté aux plaisirs du public[2]. L’abord continuel des pèlerins et des curieux forma insensiblement, aux environs du temple, le village de Daphné, qui, par son étendue, sa population et sa richesse, ressemblait, sans en avoir le titre, à une ville de province. Le temple et le village étaient cachés dans un bois épais de lauriers et de cyprès de dix milles de tour, et qui, dans les plus grandes chaleurs de l’été, offrait un asile plein de fraîcheur et impénétrable aux rayons du soleil. Mille courans de l’eau la plus pure sortant de toutes les collines, conservaient la verdure du sol et la température de l’air ; des sons harmonieux et des odeurs aromatiques y ravissaient les sens ; la santé et la joie, le plaisir et l’amour habitaient ce bocage paisible. Le jeune homme ardent y poursuivait, comme Apollon,

  1. Le privilége fut acheté A. D. 44, l’an 92 de l’ère d’Antioche (Noris, Epoch. Syro-Macedon., p. 139-174), pour un terme de quatre-vingt-dix olympiades. Mais les jeux olympiques d’Antioche ne se célébrèrent pas régulièrement avant le règne de Commode. Voyez des détails curieux dans la Chronique de Jean Malala (t. I, p. 290, 320, 372, 381), écrivain qui n’a de mérite et de poids que sur les objets relatifs à sa patrie.
  2. Quinze talens d’or légués par Sosibius, qui mourut sous le règne d’Auguste. On a comparé dans l’Expositio totius Mundi, p. 6 (Hudson, Geograph. Minor., t. III), les spectacles des différentes villes de Syrie au siècle de Constantin.