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avait employé, pour la conversion de son peuple, des armes plus efficaces que celles de la persuasion[1]. Les magistrats réclamèrent la valeur entière d’un temple qu’avait détruit son zèle intolérant ; mais bien instruits de sa pauvreté, ils voulaient seulement amener son caractère inflexible à la promesse d’une légère compensation. Ils firent saisir le vieux prélat ; on le battit cruellement de verges, on lui arracha la barbe, et son corps, nu et couvert de miel, fut suspendu en l’air dans un filet, et exposé à la morsure des insectes et aux rayons du soleil brûlant de la Syrie[2]. Ainsi suspendu, Marc continuait à se glorifier de son crime, et à insulter à la rage impuissante de ses persécuteurs. À la fin, arraché de leurs mains, il jouit de tout l’honneur de son triomphe. Les ariens célébrèrent la vertu de leur pieux confesseur ; les catholiques le réclamèrent[3], et ceux des païens

    subsistait encore sous le règne de Vespasien. Voy. les Cartes et la Géographie ancienne de d’Anville, t. II, p. 134 ; Wesseling, Itiner., p. 188 ; et Noris, Epoch. Syro-Maced., p. 480, 481,482.

  1. Sozomène, l. V, c. 10. On est étonné que saint Grégoire et Théodoret suppriment une circonstance qui devait augmenter à leurs yeux le mérite religieux du confesseur.
  2. Le témoignage de Libanius, qui en convient à regret (epist., 730, p. 350, 351, éd. de Wolf., Amst. 1738) atteste d’une manière irrécusable le supplice et la constance de Marc, peint par saint Grégoire d’une manière si tragique. (Orat. 3, p. 88-91.)
  3. περιμαχητος, certatim cum sibi (christiani) vindicant. C’est ainsi que La Croze et Wolf (ad loc.) ont expliqué un