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toutes les villes de l’Empire romain, l’éducation de la jeunesse était confiée à des maîtres de grammaire et de rhétorique, nommés par les magistrats, payés par le public, et distingués par d’honorables et d’utiles priviléges. L’édit de Julien paraît comprendre les médecins et les professeurs de tous les arts libéraux ; et le prince, qui se réservait le droit d’approuver le choix des candidats, recevait ainsi des lois le moyen de séduire ou de punir la persévérance religieuse des plus savans d’entre les chrétiens[1]. Dès que la démission des maîtres les plus obstinés[2] eut établi l’empire des sophistes gentils, l’empereur invita la génération naissante à fréquenter les écoles publiques, convaincu avec raison que ces esprits

    Épîtres de Julien (42) avec les vagues invectives de saint Grégoire (orat. 3, p. 96). Tillemont (Mém. ecclés., t. VII, p. 1291-1294) a indiqué les différences qui semblent se trouver sur ce point entre les anciens et les modernes : il est facile de les accorder. On avait fait aux chrétiens la défense directe de donner des leçons ; et on leur avait défendu indirectement de s’instruire, puisqu’ils ne voulaient pas fréquenter les écoles des païens.

  1. Codex Theodos., l. XIII, t. III, De medicis et professoribus, leg. 5 (publiée le 17 juin, et admise à Spolette en Italie, le 25 juillet A. D. 363), avec les éclaircissemens de Godefroy, t. V, p. 31.
  2. Orose donne des éloges à leur noble résolution : Sicut à majoribus nostris compertum habemus, omnes ubique prope modum… officium quàm fidem deserere maluerunt, VII, 30. Proæresius, sophiste chrétien, refusa d’accepter la faveur partiale de l’empereur. (Saint Jérôme, in Chron., p. 185, edit. Scaliger ; Eunape, in Proæresio, p. 126.)