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der que les prêtres qui professent la religion de l’état ; mais les préjugés et la passion dominaient le législateur, et les insidieuses combinaisons de Julien avaient pour objet de priver les chrétiens de tous les honneurs et de tous les avantages temporels qui les faisaient paraître respectables aux yeux du genre humain[1].

Il défend aux chrétiens de tenir des écoles.

On a critiqué sévèrement et avec raison la loi qui défendit aux chrétiens d’enseigner les arts de la grammaire et de la rhétorique[2]. Les motifs que donne l’empereur pour justifier cette disposition tyrannique, ont pu commander pendant sa vie le silence des esclaves et l’approbation des flatteurs. Il abuse du sens ambigu d’un mot qu’on pouvait appliquer indifféremment à la langue et à la religion des Grecs. Il observe avec dédain que les hommes qui exaltent le mérite d’une foi implicite, sont hors d’état de réclamer ou de se procurer les avantages de la science ; il prétend que s’ils refusent d’adorer les dieux d’Homère et de Démosthène, ils doivent se contenter d’expliquer les évangiles de Luc et de Matthieu dans les églises des galiléens[3]. Dans

  1. L’existence de ces lois relatives au clergé nous est attestée par quelques mots de Julien lui-même (epist. 52) ; par les déclamations vagues de saint Grégoire (orat. 3, p. 86, 87), et par les assertions positives de Sozomène, l. V, c. 5.
  2. Inclemens… perenni obruendum silentio. Ammien, XXII ; 10, XXV, 5.
  3. On peut comparer l’édit qui subsiste encore dans les