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L’entreprise ne réussit pas.

Mais, dans cette occasion, les efforts réunis du pouvoir et de l’enthousiasme demeurèrent infructueux, et l’emplacement du temple juif, occupé aujourd’hui par une mosquée musulmane[1], présenta toujours l’édifiant spectacle de la ruine et de la désolation. L’absence et la mort de l’empereur, les nouvelles maximes d’un règne chrétien expliquent peut-être l’interruption d’un ouvrage difficile, commencé seulement six mois avant la mort de Julien[2] ; mais les chrétiens devaient naturellement se flatter de la pieuse espérance que, dans cette lutte remarquable, un miracle signalé vengerait l’honneur de la religion. Des contemporains dont le témoignage est d’ailleurs imposant, attestent, avec quelques différences dans leur récit, que des tourbillons de vent et de feu renversèrent et dispersèrent les nouveaux fondemens du temple[3]. Cet événement a été décrit

    goire de Nazianze, orat. 4, p. 111 ; et dans Théodore, l. III, c. 20.

  1. Cette grande mosquée a été bâtie par Omar, le second calife, qui mourut A. D. 644. Elle couvre tout le terrain de l’ancien temple des Juifs, et forme presque un carré de sept cent soixante toises, ou d’un mille romain de circonférence. Voyez la Jérusalem de d’Anville, p. 45.
  2. Ammien indique les consuls de l’année 363, avant de rapporter les pensées de Julien. Templum… instaurare sumptibus cogitabat immodicis. Warburton a le secret désir de faire remonter ce dessein plus haut ; mais il aurait dû comprendre, d’après les exemples précédens, que l’exécution d’un pareil ouvrage demandait plusieurs années.
  3. Les témoins postérieurs, Socrate, Sozomène, Théo-