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siastiques se sont vus contraints d’avouer que non-seulement on voyait, dans les rues de Jérusalem, le tumulte des affaires et des plaisirs[1], mais que les habitans de la cite sainte étaient familiarisés avec tous les crimes, avec l’adultère, le vol, l’idolâtrie, le meurtre et l’empoisonnement[2]. La richesse et la prééminence de l’église de Jérusalem excitèrent l’ambition des candidats à l’épiscopat, soit ariens, soit orthodoxes ; et les vertus de Cyrille, qu’on a depuis honoré du nom de saint, brillèrent davantage dans l’exercice des fonctions de son ministère[3] que dans les moyens qu’il avait employés pour y parvenir.

Julien essaie de rebâtir le temple de Jérusalem

L’ambition et la vanité pouvaient inspirer à Julien le désir de rendre au temple de Jérusalem[4] son

  1. Saint Jérôme (t. I, p. 103), qui résidait à Bethléem, village voisin, décrit la corruption de Jérusalem d’après son expérience personnelle.
  2. Saint Grégoire de Nysse, apud Wesseling, p. 539. L’épître entière qui condamne la pratique ou l’abus des pèlerinages religieux, fait de la peine aux théologiens catholiques, tandis que les polémiques protestans la citent avec complaisance.
  3. Il abjura l’ordination orthodoxe qu’il avait reçue ; il officia comme diacre, et fut ordonné une seconde fois par des prêtres ariens. Mais il changea ensuite avec les temps, et eut la prudence de se conformer au symbole de Nicée. Tillemont (Mém. ecclés., t. VIII), qui montre de l’attachement et du respect pour sa mémoire, a placé ses vertus dans le texte, et ses fautes dans les notes, dans une obscurité décente, à la fin du volume.
  4. Imperii sui memoriam magnitudine opcrum gestiens