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miracles qui semblaient nécessaires pour expliquer comment elle s’était si extraordinairement conservée et comment on l’avait découverte si à propos, se propagèrent par degrés et sans opposition. L’évêque de Jérusalem avait la garde de la vraie croix, il la montrait solennellement le jour de Pâques, et la dévotion curieuse des pèlerins, que lui seul avait le droit de satisfaire, obtenait de lui de petits morceaux de ce bois qu’ils garnissaient d’or et de pierreries, et qu’ils portaient en triomphe dans leur patrie. Mais comme cette branche de commerce si lucrative se serait bientôt épuisée, on crut devoir supposer que le bois merveilleux avait une force de végétation secrète, et que sa substance, diminuée chaque jour, demeurait toujours entière[1]. On serait peut-être tenté de croire que l’influence des lieux et la conviction d’un miracle perpétuel dut avoir de salutaires effets sur la morale ainsi que sur la foi du peuple. Toutefois les plus respectables des écrivains ecclé-

    croient. Voy. les Remarques Judicieuses de Jortin, vol. II, p. 238-248.

  1. Paulin assure que cette reproduction avait lieu (epist. 36. Voyez Dupin, Biblioth. ecclés., t. III, p. 149). Il paraît avoir déduit un fait réel d’une fleur de rhétorique de saint Cyrille. Il faut que le même miracle se soit renouvelé en faveur du lait de la sainte Vierge (Erasmi, Opera, tom. I, p. 778. Lugd. Batav., 1703, in Colloq. de Peregrinatione religionis ergo), des têtes de saints, et d’autres reliques qui se trouvent multipliées dans un si grand nombre d’églises différentes.