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Jérusalem.

Jérusalem, placée au milieu d’un pays stérile et plein de rochers[1], renferme dans ses murs les deux montagnes de Sion et d’Acra, et forme un ovale d’environ trois milles d’Angleterre[2]. La partie supérieure de la ville et la forteresse de David se trouvaient au sud, sur la pente escarpée de la montagne de Sion ; au côté septentrional, les bâtimens de la ville basse se montraient sur le sommet spacieux du mont Acra ; le temple majestueux de la nation juive couvrait une partie de la colline qu’on nommait Moriah, et que l’industrie de l’homme avait aplanie. Après la destruction totale du temple par les armes de Titus et d’Adrien, la charrue passa en signe d’interdiction sur le terrain sacré. La montagne de Sion fut abandonnée, et l’emplacement de la ville basse fut rempli par les édifices publics et privés de la colonie Ælienne, qui se répandit sur la colline adjacente du Calvaire. Des monumens d’idolâtrie souillèrent ces lieux révérés : et, soit à dessein, soit par

  1. Reland (Palest., l. I, p. 309, 310 ; l. III, p. 838) décrit d’une manière savante et claire Jérusalem et l’aspect du pays adjacent.
  2. J’ai consulté un Traité rare et curieux de M. d’Anville (sur l’ancienne Jérusalem ; Paris, 1747, p. 75). La circonférence de l’ancienne ville (Eusèb., Préparation évangélique, l. IX, c. 36) était de vingt-sept stades ou deux mille cinq cent cinquante toises. Un plan levé sur les lieux n’en donne que dix-neuf cent quatre-vingts à la ville moderne. Des bornes naturelles, qu’on ne peut enlever ou qu’on ne peut confondre avec d’autres objets, en déterminent le circuit.