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acclamations répétées annonçaient sa joie de posséder la personne sacrée du souverain, après en avoir été privé pendant trente-deux ans ; et Constance exprima, sur un ton de plaisanterie, son étonnement prétendu de ce que tout le genre humain se trouvait, disait-il, réuni en un instant dans le même lieu. Le fils de Constantin fut logé dans l’ancien palais d’Auguste ; il présida le sénat, harangua le peuple de la tribune où Cicéron était si souvent monté ; assista aux jeux du Cirque avec une complaisance extraordinaire, et accepta les couronnes d’or et les panégyriques présentés par les députés des villes principales. Il ne resta à Rome que trente jours, qui furent employés à visiter les monumens de l’art et de la puissance répandus sur les sept collines et dans les vallées qui les séparent. Il admira l’imposante majesté du Capitole, la vaste étendue des bains de Caracalla et de Dioclétien, la sévère simplicité du Panthéon, la massive grandeur de l’amphithéâtre de Titus, l’architecture élégante du théâtre de Pompée et du temple de la Paix, et par-dessus tout, l’imposante structure du forum et de la colonne de Trajan ; avouant que la Renommée, si sujette à inventer et à amplifier, ne vantait point assez la métropole du monde. Le voyageur qui a contemplé les ruines de l’ancienne Rome, peut concevoir une idée imparfaite de l’impression que la vue de ses monumens devait faire éprouver quand ils élevaient leurs têtes superbes dans toute la splendeur de leur première beauté.

Un obélisque transporté à Rome par l’ordre de Constance.

Constance fut si satisfait de ce voyage, qu’il eut