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à la révolte dont on l’avait si injustement accusé. Sylvanus prit la pourpre à Cologne, où était son quartier-général. Son activité semblait menacer d’envahir l’Italie et d’assiéger Milan. Dans cette circonstance, Ursicinus, général du même rang, regagna, par une trahison, la faveur qu’il avait perdue par d’éminens services rendus dans l’Orient. Feignant avec toute vraisemblance l’indignation que pouvaient lui inspirer des injures du genre de celle qu’on avait faite à Sylvanus, il se hâta de le joindre avec quelques cavaliers, et de trahir son crédule ami. Après un règne de vingt-huit jours, Sylvanus fut assassiné ; et les soldats qui, sans aucune intention criminelle, avaient suivi aveuglément l’exemple de leur général, rentrèrent aussitôt dans l’obéissance[1]. Les flatteurs de Constance célébrèrent la sagesse et le bonheur du prince, qui venait d’éteindre une guerre civile sans courir le hasard d’une bataille.

Constance va à Rome. A. D. 357, 28 avril.

La défense des frontières rhétiennes et la persécution de la foi catholique, retinrent Constance en Italie plus de dix-huit mois après le départ de Julien. Avant de retourner dans l’Orient, l’empereur satisfit son orgueil et sa curiosité en visitant l’ancienne capitale[2]. Il alla de Milan à Rome par les voies Émi-

  1. Ammien (xv, 5) était parfaitement informé de la conduite et du sort de Sylvanus. Il fut lui-même un de ceux qui suivirent Ursicinus dans sa dangereuse entreprise.
  2. Relativement aux particularités de la visite que Constance fit à Rome, voyez Ammien, l. XVI, c. 10. Nous ajou-