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parut oublier la sensibilité de son sexe, et sa générosité naturelle. Le souvenir de son père et de ses frères avertissait Julien de son propre danger, et ses craintes étaient encore augmentées par l’injuste et récente condamnation de Sylvanus. Pendant l’été qui avait précédé l’élévation de Julien, le général Sylvanus avait été choisi pour délivrer les Gaules de l’oppression des Barbares : il eut bientôt lieu de s’apercevoir que ses plus dangereux ennemis étaient restés à la cour impériale. Un délateur adroitement perfide, soutenu par plusieurs des principaux ministres, ayant obtenu de lui quelques lettres de recommandation, en effaça tout, excepté la signature, et remplit à son gré le parchemin des preuves d’un complot criminel de la plus haute importance. L’adresse et le courage des amis du général firent bientôt découvrir la fraude. Un conseil composé d’officiers civils et militaires reconnut publiquement l’innocence de Sylvanus, en présence de l’empereur. Mais la découverte arriva trop tard ; le bruit de la calomnie et la saisie de ses biens avait déjà excité ce chef indigné

    cede, mox natum, præsecto plus quàm convenerat umbilico, necavit. Elle accompagna l’empereur et l’impératrice dans leur voyage à Rome, et la dernière,… quæsitum venenum bibere per fraudem illexit, ut quotiescunque concepisset, immaturum abjiceret partum. (Ammien, l. XVI, c. 10) Nos médecins décideront si un tel poison existe. Quant à moi, j’incline à croire que la méchanceté du public imputait des accidens naturels aux crimes supposés de l’impératrice Eusebia.