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fondément blessé du reproche d’ingratitude, n’était pas moins empressé de défendre sa cause par la force des argumens que par celle des armes, et voulait paraître aussi supérieur par ses talens d’écrivain que par son habileté dans l’art de la guerre. Dans sa lettre adressée au sénat et au peuple d’Athènes[1], il semble qu’animé d’enthousiasme pour la patrie des lettres, il soumette sa conduite et ses motifs à cette nation dégénérée avec une déférence aussi respectueuse que s’il eût plaidé du temps d’Aristide devant le tribunal imposant de l’aréopage. Sa démarche auprès du sénat de Rome, à qui l’on permettait encore de ratifier les élections des empereurs, était conforme aux usages de la république expirante. Tertullus, préfet de la ville, convoqua une assem-

    ment qu’il intercepta les lettres de Constance aux Barbares ; et Libanius affirme qu’il les lut aux troupes et dans les villes où il passait. Cependant Ammien (XXI, 4) emploie l’expression du doute : Si famæ solius admittenda est fides. Il cite pourtant une lettre interceptée de Vadomair à Constance, qui annonce une correspondance intime : Cæsar tuus disciplinam non habet.

  1. Zosime fait mention de ses épîtres aux Athéniens, aux Corinthiens et aux Lacédémoniens. La substance de toutes était probablement la même, quoique, selon ceux auxquels elles étaient adressées, il put y avoir quelque différence dans la forme. L’Épître aux Athéniens existe encore, p. 268-287, et nous y avons puisé des instructions intéressantes. Elle a mérité les éloges de l’abbé de La Bléterie, Préface à l’Histoire de Jovien, p. 24, 25, et est un des meilleurs manifestes qui existent dans aucune langue.