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fiait le soin de sa vie aux dieux immortels, et renonça avec la même publicité à la religion et à l’amitié de Constance[1].

Julien se prépare à attaquer Constantinople.

La situation de Julien demandait des mesures promptes et vigoureuses. Il avait découvert par des lettres interceptées, que son rival, sacrifiant l’intérêt de l’état à celui du monarque, excitait les Barbares à envahir les provinces de l’Occident. La position de deux magasins, l’un sur les bords du lac de Constance, et l’autre au pied des Alpes Cottiennes, semblait indiquer la marche de deux armées, et six cent mille muids de blé ou plutôt de farine contenus

    solemniter numine orato, discessit. Amm., XXI, 2. Zonare observe que c’était la fête de la Nativité ; et cette assertion ne contredit pas le passage précédent, puisque les Églises d’Égypte, d’Asie, et peut-être de la Gaule, célébraient le même jour, le 6 janvier, la nativité et le baptême de Jésus-Christ. Les Romains, aussi ignorans que leurs confrères, de la véritable date de sa naissance, fixèrent la fête au 25 décembre, les brumalia ou solstice d’hiver, époque à laquelle les païens célébraient tous les ans la naissance du Soleil. Voyez Bingham, Antiquités de l’Église chrétienne, l. XX, c. 4 ; et Beausobre, Hist. crit. du manichéisme, t. II, pages 690-700.

  1. Le détail des négociations publiques et secrètes entre Constance et Julien, peut être tiré avec quelque précaution de Julien lui-même, orat. ad S. P. Q. Athen., p. 286 ; de Libanius, orat. parext., c. 51, p. 276 ; d’Ammien, XX, 9 ; de Zosime, l. III, p. 154 ; et même de Zonare (t. II, l. XIII, p. 20, 21, 22), qui semble avoir trouvé et employé dans cette occasion quelques bons matériaux.