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fureurs qu’une haine implacable pour la personne et le gouvernement de Constance[1]. Aussitôt que la saison permit à Julien d’entrer en campagne, il se mit à la tête de ses légions, jeta un pont sur le Rhin auprès de Clèves, et courut châtier la perfidie des Attuaires, tribu des Francs, qui avait cru pouvoir profiter des dissensions de l’empire pour ravager impunément les frontières. La gloire et la difficulté de cette expédition consistaient dans une marche dangereuse et pénible, et Julien fut vainqueur dès qu’il eut pénétré dans un pays que plusieurs princes avaient jugé inaccessible. Après avoir accordé la paix aux Barbares, l’empereur visita soigneusement les forts le long du Rhin, depuis Clèves jusqu’à Bâle, et examina avec une attention particulière les cantons dont il avait expulsé les Allemands. Il passa par Besançon[2] qu’ils avaient cruellement saccagé, et marqua son quartier à Vienne pour l’hiver suivant. Après avoir réparé les fortifications de la barrière des

  1. Liban., Orat. parent., c. 50, p. 275, 276. Étrange désordre, puisqu’il dura pendant plus de sept ans. Dans les factions des républiques grecques, les exilés montèrent au nombre de vingt mille ; et Isocrate assure sérieusement Philippe qu’il serait plus aisé de former une armée des vagabonds, que des habitans des villes. Voyez les Essais de Hume, t. I, p. 426-427.
  2. Julien (epist. XXXVIII, p. 414) donne une description abrégée de Vesontio ou Besançon, une péninsule pierreuse presque environnée par le Doubs, jadis ville magnifique, remplie de temples, et réduite actuellement à une petite ville qui sort de ses ruines.