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position d’un traité honorable, également avantageux pour les peuples et pour la maison de Constantin. Dans cette négociation, Julien ne réclamait que ce qu’il possédait d’avance. La Gaule, l’Espagne et la Bretagne, reconnaissaient, sous le nom indépendant d’Auguste, l’autorité qu’il exerçait depuis long-temps sur ces provinces, avec le titre subordonné de César. Les soldats et les peuples se félicitaient d’une révolution qui n’avait pas même été teinte du sang de ceux qui s’y étaient opposés. Florentius avait pris la fuite, Lupicinus était prisonnier ; on s’était assuré des personnes malintentionnées pour le nouveau gouvernement ; et les places vacantes avaient été accordées au mérite et aux talens, par un prince qui méprisait les intrigues de la cour et les clameurs des soldats[1].

Ses quatrième et cinquième expéditions au-delà du Rhin. A. D. 360-361.

De vigoureux préparatifs de guerre accompagnèrent et soutinrent ses propositions de paix. Les derniers désordres de l’empire aidèrent à recruter et à augmenter l’armée que Julien tenait prête à marcher. La cruelle persécution exercée contre la faction de Magnence avait formé dans la Gaule des bandes nombreuses de voleurs et de proscrits. Ils acceptèrent avec joie une amnistie générale, promise par un prince auquel ils pouvaient se fier, se soumirent à la discipline militaire, et ne retinrent de leurs

  1. Voyez les premières transactions de son règne, in Julian., ad S. P. Q. Athen., p. 285, 286 ; Ammien, XX, 5, 8 ; Liban., Orat. parent., c. 49, 50, p. 273-275.