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guerre dans les jardins de l’académie[1]. L’éclat de ses victoires et les acclamations du peuple étouffèrent la voix de cette absurde malignité. Le vainqueur des Francs et des Allemands ne pouvait plus être représenté comme un objet de mépris, et l’empereur lui-même eut la vile ambition de dérober à son lieutenant l’honorable récompense de ses travaux. Dans les lettres ornées de lauriers qu’il était d’usage d’adresser aux provinces, on omit exprès le nom de Julien. Elles annonçaient que « Constance avait fait en personne les dispositions du combat, et signalé sa valeur dans les premiers rangs. La victoire était le fruit de son intelligence, et le roi captif des Barbares lui avait été présenté sur le champ de bataille, » dont il était cependant à plus de quarante jours de marche au moment du combat[2]. Une fable si ridicule ne

  1. Omnes qui plus poterant in palatio, adulandi professores jam docti, rectè consulta, prosperèque completa vertebant in deridiculum : talia sine modo strepentes insulsè, in odium venit cum victoriis suis ; capella, non homo ; ut hirsutum Julianum carpentes, appellantesque loquacem talpam, et purpuratam simiam, et literionem græcum : et his congruentia plurima, atque vernacula principi resonantes ; audire hæc taliaque gestienti, virtutes ejus obruere verbis imprudentibus conabantur, ut segnem incessentes et timidum et umbratilem, gestaque secus verbis comptioribus exornantem. (Ammien, XVII, 11.)
  2. Ammien, XVI, 12. L’orateur Themistius croyait à tout ce que contenaient les lettres impériales adressées au sénat de Constantinople. Aurelius-Victor, qui a publié son Abrégé dans la dernière année du règne de Constance,