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rita d’être confondus avec les catholiques. Macédonius, informé qu’un canton considérable de la Paphlagonie[1] était presque entièrement habité par ces sectaires, résolut de les convertir ou de les exterminer ; et comme il comptait peu, dans cette occasion, sur l’influence d’une mission ecclésiastique, il fit marcher contre les rebelles un corps de quatre mille légionnaires, et leur ordonna de soumettre tout le territoire à son obéissance spirituelle. Les paysans novatiens, animés par le désespoir et la fureur religieuse, marchèrent hardiment contre ceux qui venaient envahir leur pays, et une multitude d’hommes, sans discipline et sans autres armes que des haches et des pelles, vengèrent la mort d’un grand nombre de leurs compatriotes par le massacre de quatre mille soldats, dont un très-petit nombre sauvèrent leur vie par une fuite ignominieuse. Le successeur de Constance a peint d’une manière énergique et concise une partie des malheurs dont les querelles théologiques affligèrent l’empire, et principalement les provinces orientales, sous le règne d’un prince esclave de ses propres passions et de celles de ses eunuques. « On emprisonnait, on persécutait et l’on bannissait les citoyens ; on a égorgé, particulièrement à Cyzi-

  1. Nous ignorons la position exacte de Mantinium. En parlant de ces quatre troupes de légionnaires, Socrate, Sozomène et l’auteur des Actes de saint Paul, se servent des termes vagues de αριθμοι, φαλαγγες, ταγματα, que Nicéphore traduit, avec beaucoup de raison, par milliers. (Valois, ad Socrat., l. II, c. 38.)