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d’exil et de persécution, Athanase rendit plusieurs visites à sa belle et fidèle compagne ; et la déclaration formelle qu’il fait lui-même, d’avoir vu les conciles de Rimini et de Séleucie, nous oblige à croire que dans le temps de leur convocation, il se trouvait en secret au lieu où il furent rassemblés[1]. L’avantage de négocier en personne avec ses amis, d’observer et de fomenter les divisions de ses adversaires, peut justifier, dans un politique habile, l’audacieuse entreprise d’Athanase. Alexandrie, l’entrepôt du commerce et de la navigation, entretenait des relations avec tous les ports de la Méditerranée. Du fond de sa retraite inaccessible, l’intrépide primat faisait sans cesse une guerre offensive au protecteur des ariens ; et ses écrits publiés à propos, diligemment répandus et lus avec avidité, contribuaient à réunir et animer le parti orthodoxe. Dans les apologies publiques qu’il adressait à l’empereur, il affectait quelquefois de préconiser la modération, tandis que se livrant lui-même en secret aux plus violentes invectives, il représentait Constance comme un prince

    p. 776. L’auteur de cette anecdote avait conversé avec cette demoiselle, qui se rappelait encore avec plaisir, dans sa vieillesse, cette pieuse et honorable intimité. Je ne puis partager la délicatesse de Baronius, de Valois, de Tillemont, etc., qui rejettent cette histoire comme indigne de la gravité de l’histoire ecclésiastique.

  1. Saint Athanase, t. I, p. 869. Je crois avec Tillemont (t. VIII, p. 1197) que ces expressions annoncent qu’il visita les synodes, sans doute secrètement.