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mois, au moins, Alexandrie fut en proie aux insultes d’un armée licencieuse, excitée par les ecclésiastiques du parti opposé. Un grand nombre de fidèles perdirent la vie, et purent mériter le nom de martyrs, s’ils n’ont pas provoqué leur sort, ou s’il n’a pas été vengé. Des évêques et des prêtres essuyèrent les traitemens les plus ignominieux. Des vierges consacrées furent dépouillées, fustigées et violées. Les maisons des riches citoyens furent pillées, et, sous le masque du zèle religieux, la débauche, la cupidité, la haine et la vengeance, exercèrent leurs fureurs avec impunité, et même avec éloge. Les païens d’Alexandrie, qui formaient encore un parti nombreux et mécontent, consentirent sans peine à abandonner un évêque qu’ils estimaient et redoutaient également. L’espérance de quelques grâces particulières, et la crainte d’être enveloppés dans le châtiment de la révolte, les engagèrent à promettre de soutenir le successeur désigné d’Athanase, le fameux George de Cappadoce. L’usurpateur, après avoir été consacré dans le synode arien, fut placé sur le siége archiépiscopal par le bras de Sébastien, nommé comte d’Égypte pour exécuter cette expédition. Dans l’exercice comme dans l’acquisition de sa puissance, George méprisa les lois de la religion, de la justice et de l’humanité ; les scènes de scandale et de violence qui avaient eu lieu dans la capitale, se répétèrent dans plus de quatre-vingt-dix villes épiscopales de l’Égypte. Constance, encouragé par ce succès, se hasarda enfin à approuver la conduite de ses ministres. Il