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pas à diviser les adversaires de la foi de Nicée. Telles étaient les capricieuses délicatesses de la dévotion de Constance, et sa facilité à s’offenser de la plus légère déviation de la règle de foi qu’il avait imaginée, qu’il persécutait avec un zèle égal ceux qui affirmaient la consubstantialité, ceux qui croyaient à la parité de substance, et ceux qui niaient la similitude du père et du fils. Il eût été possible que trois évêques dégradés et bannis pour des opinions contraires, se rencontrassent dans le même lieu d’exil, et chacun d’eux, selon son caractère, aurait pris en pitié ou tourné en ridicule l’aveugle enthousiasme de ses adversaires qui se condamnaient en ce monde à des souffrances dont ils ne recevraient pas la récompense dans l’autre.

Troisième bannissement d’Athanase. A. D. 356.

La disgrâce et l’exil des évêques orthodoxes de l’Occident n’étaient que les moyens préparatoires de la chute d’Athanase[1]. Vingt-six mois s’étaient écoulés durant lesquels la cour impériale avait mis en

    tionibus quoque eos plebis catholicæ ex omnibus ferè provinciis frequentatos. (Sulpice-Sever., Hist. sacra, p. 414, saint Athanase, t. I, p. 836-840.)

  1. On peut trouver dans les ouvrages de saint Athanase lui-même d’amples matériaux pour l’histoire de cette nouvelle persécution. Voyez l’Apologie très-bien faite qu’il adressa à Constance, t. I, p. 673 ; la première Apologie de sa fuite, p. 701 ; sa prolixe Épître aux solitaires, p. 808 ; et l’original des protestations des Alexandriens contre les violences commises par Syrianus, p. 866. Sozomène (l. IV, c. 9) a inséré dans son récit deux ou trois circonstances lumineuses et importantes.