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et les ministres de Constans conseillèrent à leur souverain de convoquer une assemblée ecclésiastique qui pût agir comme représentant l’Église catholique. [A. D. 346.]Quatre-vingt-quatorze évêques de l’Occident et soixante-seize de l’Orient se trouvèrent ensemble à Sardica, sur les confins des deux empires, mais dans les états du protecteur d’Athanase. Leurs débats firent bientôt place à des mesures hostiles. Les évêques d’Orient, se croyant en danger, cherchèrent précipitamment leur sûreté à Philippopolis dans la Thrace, et les deux conciles foudroyèrent réciproquement leurs ennemis, qu’ils appelaient pieusement les ennemis du vrai Dieu. Leurs décrets furent publiés et ratifiés dans leurs provinces respectives. Athanase était en même temps révéré comme un saint dans l’Occident, et abhorré comme un scélérat dans l’Orient[1]. Le concile de Sardica découvrit les premiers symptômes de schisme et de discorde entre les Églises grecque et latine, séparées d’abord par une dissidence accidentelle dans leurs opinions

    de la religion, on pourrait justifier ou au moins excuser sa conduite par l’exemple de Caton et de Sidney, dont le premier est accusé d’avoir payé, et l’autre d’avoir été payé pour défendre la liberté publique.

  1. Le canon qui accorde l’appel aux pontifes romains, a presque élevé le synode de Sardica au rang des conciles généraux, et on a confondu, ou par adresse, ou par ignorance, ses actes avec ceux du concile de Nicée. Voy. Tillemont, tom. VIII, p. 689 ; et le Traité de Geddes, vol. II, p. 419-460.