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pliant[1], il assiégea le trône pontifical du Vatican. Par son ardente assiduité à s’instruire dans la langue latine, il se mit bientôt en état de négocier avec le clergé d’Occident[2]. L’orgueilleux Jules se laissa séduire par ses flatteries délicates, et diriger par ses conseils. Athanase persuada au pontife romain que la gloire de son siége était intéressée à recevoir son appel. Son innocence fut unanimement reconnue dans un concile composé de cinquante évêques d’Italie. Au bout des trois ans, le primat fugitif revint à Milan, à la sollicitation de Constans, qui conservait au milieu de ses déréglemens un zèle sincère pour la foi orthodoxe. L’or vint à l’appui de l’équité[3],

  1. Valois (Observ. ad calcem, t. II ; Hist. ecclés., l. I, c. 1-5) et Tillemont (Mém. ecclés., t. VIII, p. 674, etc.) ont discuté avec soin les doutes chronologiques qui obscurcissent la question de la résidence de saint Athanase à Rome. J’ai suivi l’hypothèse de Valois, qui n’admet qu’un seul voyage après l’intrusion de Grégoire.
  2. Je ne puis résister à l’envie de transcrire une observation judicieuse de Wetstein (Prolegomen. N. T., p. 19). Si tamen Historiam ecclesiasticam velimus consulere, patebit jam inde à seculo quarto, cum, ortis controversiis, Ecclesiæ greciæ doctores in duas partes scinderentur, ingenio, eloquentiâ, numero, tantium non æquales, eam partem quæ vincere cupiebat Romam confugisse, majestatemque pontificis comiter coluisse, eoque pacto oppressis per pontificem et episcopos latinos adversariis prævaluisse, atque orthodoxiam in conciliis stabilivisse. Eam ob causam, Athanasius, non sine comitatu, Romam petiit, pluresque annos ibi hæsit.
  3. Philostorg. (l. III, c. 12.) En supposant que saint Athanase ait employé des moyens de séduction en faveur