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pereur se laissa aisément convaincre que la vie de son cousin était incompatible avec le soin de sa propre sûreté. La sentence de mort fut signée, envoyée, exécutée ; et le neveu de Constantin, les mains liées derrière le dos, fut décollé dans sa prison comme un vil malfaiteur[1]. Ceux qui sont portés à excuser la cruauté de Constance, assurent qu’il se repentit promptement et qu’il révoqua l’ordre sanglant, mais que les eunuques retinrent le courrier chargé de la grâce. Ils redoutaient le caractère implacable de Gallus, et désiraient de rejoindre à leur empire les provinces opulentes de l’Orient[2].

De toute la nombreuse postérité de Constance Chlore, il ne restait après l’empereur régnant que le seul Julien. Le malheur de sa naissance royale l’avait enveloppé dans la disgrâce de Gallus. De sa retraite dans l’heureuse contrée de l’Ionie, on le conduisit, sous une forte garde, à la cour de Milan, où il languit environ sept mois, dans l’attente d’un supplice ignominieux pareil à ceux que, presque sous ses yeux, on infligeait tous les jours aux amis et aux

  1. Voyez le récit complet du voyage et de la mort de Gallus dans Ammien (l. XIV, c. 11). Julien se plaint que son frère a été exécuté sans avoir été jugé. Il tâche de justifier, ou du moins d’excuser les vengeances cruelles qu’il avait exercées contre ses ennemis ; mais il semble convenir qu’on aurait pu le priver de la pourpre avec justice.
  2. Philostorgius, l. IV, c. 1 ; Zonare, l. XIII, t. II, p. 19. Mais le premier était partial en faveur d’un monarque arien, et l’autre transcrivait sans choix et sans discernement tout ce qu’il trouvait dans les écrits des anciens.