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lement dans les assemblées ecclésiastiques, parmi ceux dont le rapprochaient une éducation et des habitudes semblables, qu’Athanase faisait sentir l’ascendant de son génie : il se présentait dans la cour des princes avec une aisance ferme et respectueuse ; et dans les vicissitudes de sa bonne et de sa mauvaise fortune, il ne perdit jamais ni la confiance de ses amis ni l’estime de ses adversaires.

Persécution d’Athanase. A. D. 330.

Dans sa jeunesse, le primat d’Égypte résista à Constantin-le-Grand, qui lui avait ordonné plusieurs fois d’admettre Arius à la communion catholique[1]. L’empereur respecta l’inflexible opposition d’Athanase, et semblait disposé à la lui pardonner : la faction qui le regardait comme son plus formidable ennemi, fut forcée de dissimuler sa haine, et de préparer de loin une attaque indirecte. On répandit des soupçons et des bruits calomnieux ; on représenta l’archevêque comme un tyran orgueilleux ; on l’accusa hautement d’avoir violé le traité conclu dans

    même, qui ne dédaigna pas d’écrire la vie de son ami saint Antoine, a soigneusement observé que ce saint moine avait souvent annoncé et déploré les désordres de l’hérésie arienne.

  1. Constantin, dans les commencemens, menaça de paroles ; mais dans ses lettres il avait recours à la prière, και αγραφως μεν ηπειλει, γραφων δε, ηξιο‍υ. Insensiblement elles prirent le ton menaçant. Mais en même temps qu’il exigeait que l’Église fût ouverte à tous, il évitait de spécifier le nom odieux d’Arius. Saint Athanase, en politique habile, indique soigneusement ces nuances (t. I, p. 788), qui lui fournirent quelques moyens d’excuse et de délai.