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des événemens de l’histoire ecclésiastique sous le règne de Constance, fournirait un ample commentaire à ce passage remarquable, qui justifie les inquiétudes trop fondées de saint Athanase. Il craignait, disait-il, que l’activité turbulente d’un clergé, parcourant tout l’empire en quête de la véritable foi, n’excitât le rire et le mépris des infidèles[1]. Dès que l’empereur se vit délivré des terreurs de la guerre civile, il consacra son loisir dans ses quartiers d’hiver à Arles, à Milan, à Sirmium et à Constantinople, aux passe-temps ou aux travaux de la controverse. Le glaive du magistrat et même du tyran appuya les argumens du théologien ; et comme Constance a condamné les décrets orthodoxes du concile de Nicée, il est généralement reconnu que son ignorance et son incapacité égalaient sa présomption[2]. Les eunuques, les femmes, et les évêques qui gouvernaient cet esprit faible et vain, lui avaient inspiré une aversion invincible pour l’homoousion ; mais sa conscience timide s’effrayait de l’impiété d’Ætius. La dangereuse faveur du malheureux Gallus avait aggravé le crime de cet athée qu’on accusait même d’avoir contribué, par des suggestions et des sophismes, à faire massacrer à Antioche les ministres

    tur (Valois lit conatur) rei vehiculariæ concideret nervos. (Amm., XXI, 16)

  1. Saint Athanase, t. I, p. 870.
  2. Socrate, l. II, c. 35-47 ; Sozomène, l. IV, c. 12-30 ; Théodoret, l. II, c. 18-32 ; Philostorgius, l. IV, c. 4-12 ; l. V, c. 1-4 ; l. VI, c. 1-5.