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chant que Constance avait toujours témoigné pour la faction d’Eusèbe, fut cultivé avec succès par l’habileté des chefs de ce parti ; et la victoire que l’empereur remporta sur Magnence lui donna une nouvelle disposition et de nouvelles facilités pour faire servir son pouvoir à protéger l’arianisme. Tandis que les deux armées combattaient dans la plaine de Mursa et que le sort des rivaux dépendait de la victoire, le fils de Constantin, prosterné au pied des autels dans l’église des Martyrs, était en proie aux plus vives inquiétudes. Son consolateur spirituel, Valens, évêque arien du diocèse, prenait des précautions pour s’assurer sa faveur, en lui annonçant le premier son triomphe, ou en lui ménageant les moyens de fuir s’il était vaincu. Une chaîne secrète de messagers agiles et sûrs lui rendait compte à chaque instant des vicissitudes du combat ; et, tandis que l’empereur tremblait au milieu de ses pâles et mornes courtisans, l’évêque lui annonça que les légions de la Gaule étaient vaincues, et laissa entendre, avec quelque présence d’esprit, qu’un ange lui avait révélé ce glorieux événement. Le monarque reconnaissant attribua le succès de la journée aux mérites et à l’intercession de l’évêque de Mursa dont la foi avait mérité que le ciel se déclarât pour lui par cette marque signalée et miraculeuse de son approba-

    marques de Jortin sur l’Histoire ecclésiastique, vol. IV, page 3, avec une certaine généalogie que l’on trouve dans Candide, c. 4, et qui finit avec un des premiers compagnons de Christophe Colomb.