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Constance favorise les ariens. A. D. 337-361.

Les fils de Constantin ont sans doute été admis dès leur enfance au nombre des catéchumènes ; mais ils différèrent leur baptême à l’exemple de leur père, et prétendirent prononcer, comme lui, leur jugement sur les mystères dans lesquels ils n’avaient jamais été régulièrement initiés[1]. Le sentiment de Constance, qui hérita des provinces de l’Orient, et qui réunit enfin tout l’empire sous un seul maître, décida, en quelque façon, du sort des trinitaires. Le prêtre ou évêque arien qui avait dérobé pour lui le testament de Constantin, profita de l’heureuse occasion qui l’avait introduit dans la familiarité d’un prince dont les domestiques favoris dirigeaient les conseils. Les eunuques et les esclaves répandaient le poison spirituel dans le palais ; les femmes de l’impératrice le communiquaient aux gardes, et l’empereur le recevait de l’impératrice elle-même[2]. Le pen-

    ou du moins de la conduite de Constantin dans Eusèbe, vit. Constant., l. III, c. 23 ; l. IV, c. 41 ; dans Socrate, l. I, c. 23-39 ; Sozomène, l. II, c. 16-34 ; Théodoret, l. I, c. 14-34 ; et Philostorgius, l. II, c. 1-17. Mais le premier de ces écrivains était trop près de la scène de l’action, et les autres en étaient trop éloignés. Il est assez extraordinaire que la continuation de l’histoire de l’Église ait été abandonnée à deux laïques et à un hérétique.

  1. Quia etiam tum catechumenus sacramentum fidei meritò videretur potuisse nescire. (Sulpice-Sévère, Hist. sacra, l. II, 410.)
  2. Socrate, l. II, c. 2 ; Sozomène, l. III, c. 18 ; saint Athanase, t. I, p. 813-834. Il observe que les eunuques sont naturellement les ennemis du fils. Comparez les Re-