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avaient eu le bonheur de puiser leur religion dans une source orthodoxe, elles conservèrent avec constance la doctrine qu’elles avaient reçue avec docilité ; elles avaient été munies, par les soins paternels du pontife romain, du préservatif efficace de l’homoousion avant que la contagion de l’arianisme se fût étendue jusqu’à leurs frontières. [Concile de Rimini. A. D. 360.]Leurs caractères et leurs sentimens se tirent connaître dans le synode mémorable de Rimini, plus nombreux que le concile de Nicée, puisqu’il rassembla plus de quatre cents évêques d’Italie, d’Afrique, d’Espagne, des Gaules, de la Bretagne et de l’Illyrie. Après les premiers débats, le parti arien se trouva composé de quatre-vingts évêques, quoique tous affectassent d’anathématiser le nom et la mémoire d’Arius. L’infériorité de ce nombre était compensée par les avantages de l’adresse, de l’expérience et de la conduite. Ursace et Valens, deux prélats d’Illyrie, dirigeaient la minorité ; ils avaient passé leur vie dans les conciles et dans les intrigues des cours, et s’étaient formés sous le savant Eusèbe dans les guerres religieuses de l’Orient. À force d’argumens et de négociations, ils embarrassèrent, étourdirent et trompèrent l’honnête simplicité des évêques latins, qui se laissèrent enlever le palladium de la foi plus par ruse et par im-

    donna à la fin à une unité numérique sur l’unité générique, fut favorisée par l’idiome latin. Voyez Pétau, t. II, l. IV, c. 13, p. 424 ; τριας semble donner l’idée de substance, et trinitas celle de qualité.