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Eusèbe de Cesarée, le plus savant des prélats chrétiens, et Eusèbe de Nicomédie, qui avait acquis une grande réputation comme homme d’état, sans avoir rien perdu de celle d’un saint. Les synodes de la Palestine et de la Bithynie furent opposés aux synodes de l’Égypte. [A. D. 318-325.]Cette dispute théologique attira l’attention du prince et celle du peuple, et fut soumise, au bout de six ans[1], à l’autorité suprême du concile général de Nicée.

Trois systèmes de la Trinité.

Lorsqu’on eut imprudemment exposé les mystères de la foi chrétienne aux discussions du public, on put reconnaître que l’intelligence humaine était capable de se former trois systèmes différens sur la nature de la divine Trinité ; on prononça qu’aucun des trois n’était absolument exempt d’erreur et d’hérésie[2].

Arianisme.

1o. Selon la première hypothèse, soutenue par Arius et par ses disciples, le logos éfait une production dépendante et spontanée, créée de rien par la volonté du Père éternel ; le Fils, par lequel toutes

  1. Le feu de l’arianisme a pu couver quelque temps en secret ; mais il y a lieu de croire qu’il fit explosion dès l’année 319. (Tillemont, Mém. ecclés., t. VI, p. 774-780.)
  2. Quid credidit ? Certè, aut tria nomina audiens tres Deos esse credidit, et idolatra effectus est ; aut in tribus vocabulis trinominem credens Deum, in Sabellii hæresim incurrit : aut edoctus ab arianis, unum esse verum Deum patrem, filium et spiritum sanctum credidit creaturas. Aut extra hæc quiâ credere potuerit nescio. (Saint Jérôme, advers. Luciferianos.) Saint Jérôme réserve pour le dernier le système orthodoxe, qui est plus compliqué et plus difficile.