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surprise à Gallus, dans les termes les plus offensans, de ce qu’étant à peine autorisé à déposer un magistrat municipal, il avait la hardiesse de faire arrêter un préfet du prétoire ; et ayant assemblé tous les officiers civils et militaires, il leur ordonna, au nom du souverain, de défendre la personne et la dignité de ses représentans. Cette imprudente déclaration de guerre précipita l’impatient Gallus dans les démarches les plus désespérées. Il fit prendre les armes à sa garde, assembla le peuple d’Antioche, et lui confia le soin de sa vengeance et de sa sûreté. Ses ordres furent cruellement suivis ; la populace saisit le préfet et le questeur, et après leur avoir lié les jambes avec des cordes, les traîna dans les rues en accablant de coups et d’injures ces malheureuses victimes, dont elle précipita les corps morts et défigurés dans le fleuve de l’Oronte[1].

Dangereuse situation de Gallus.

Après s’être porté à cette extrémité, quels que fussent les desseins de Gallus, ce n’était que dans un champ de bataille qu’il pouvait espérer de défendre avec succès son innocence. Mais l’àme de ce prince était un mélange de violence et de faiblesse. Au lieu

    mutation d’une seule lettre rend tout le passage clair et conséquent.

  1. Au lieu d’être obligé de puiser çà et là dans des fragmens imparfaits, nous avons à présent le secours de l’histoire suivie d’Ammien, et nous pouvons renvoyer aux septième et neuvième chapitres de son quatorzième livre. Cependant, Philostorgius, quoiqu’un peu partial en faveur de Gallus, ne doit pas être tout-à-fait rejeté.