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ticulier, des peines de la loi générale[1]. Il leur permit de bâtir une église à Constantinople, honora les miracles de leurs saints, invita l’évêque Acesius au concile de Nicée, et se permit seulement, sur la rigidité de sa doctrine, ces railleries douces et familières qui, de la bouche d’un souverain, sont reçues avec éloge et reconnaissance[2].

Controverse en Afrique. A. D. 312.

Les plaintes et les accusations mutuelles dont le trône de Constantin fut assailli dès que la mort de Maxence eut soumis l’Afrique à son autorité, étaient peu propres à édifier un prosélyte incertain. Il apprit avec étonnement que les provinces de ce vaste pays, depuis les confins de Cyrène jusqu’aux colonnes d’Hercule, étaient déchirées par des dissensions religieuses[3]. Cette discorde venait d’une double élec-

  1. Cod. Théod., l. XVI, tit. 5, leg. 2. Comme la loi générale n’est point insérée dans le Code Théodosien, il est probable que dans l’année 438, les sectes qui avaient été condamnées étaient éteintes.
  2. Sozomène, l. I, c. 22 ; Socrate, l. I, c. 10. Ces historiens ont été soupçonnés, sans aucun motif, à ce qu’il me semble, d’être attachés à la doctrine des novatiens. L’empereur dit à l’évêque : « Acesius, prenez une échelle, et montez tout seul au ciel. » La plupart des sectes chrétiennes ont emprunté tour à tour l’échelle d’Acesius.
  3. Les meilleurs matériaux relativement à cette partie de l’histoire ecclésiastique, se trouvent dans l’édition d’Optat de Milève, publiée à Paris, en 1700, par M. Dupin, qui l’a enrichie de notes critiques, de discussions géographiques, d’actes authentiques, et d’un abrégé exact de toute cette controverse. M. de Tillemont a rempli la plus grande