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succès le projet d’anéantir le nom, ou du moins d’arrêter les progrès de ces hérésies détestées. Quelques-unes des lois pénales portées contre les sectaires, furent copiées des édits de Dioclétien contre les chrétiens ; et cette façon de convertir fut approuvée par les évêques qui avaient gémi sous l’oppression et réclamé alors les droits de l’humanisé. On peut cependant juger, d’après deux circonstances qui eurent lieu alors, que l’esprit de Constantin n’était pas entièrement perverti par le fanatisme. Avant de condamner les manichéens et les sectes qui en dépendaient, il fit examiner avec le plus grand soin leurs préceptes religieux ; et se méfiant, selon toute apparence, de ses conseillers ecclésiastiques, il chargea de cette commission délicate un magistrat civil dont les lumières et la modération avaient mérité son estime, et dont le caractère vénal lui était probablement inconnu[1]. L’empereur, bientôt convaincu qu’il avait injustement proscrit la foi orthodoxe et la morale pure des novatiens, qui différaient de l’Église dans quelques articles de discipline, peut-être peu essentiels au salut, les exempta, par un édit par-

    contre les manichéens. On peut le trouver dans Baronius, Annal. ecclés., A. D. 287.

  1. Constantinus enim, cum limatiùs superstitionum quæreret sectas, manichœorum et similium, etc. (Amm., XV, 15.) Strategius, à qui cette commission valut le surnom de Musonien, était chrétien de la secte d’Arius. Il fut employé en qualité de comte au concile de Sardica. Libanius fait l’éloge de sa douceur et de sa prudence. (Valois, ad locum Ammian.)