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cienne Cyrène[1], et le prélat philosophe soutint avec dignité un caractère qu’il avait revêtu avec répugnance[2]. Il vainquit le monstre de Libye, le président Andronicus, qui, abusant de l’autorité d’une charge vénale, inventait chaque jour de nouvelles tortures, de nouveaux moyens d’exaction, et aggravait ainsi le crime de l’oppression par celui du sacrilège[3]. Après avoir inutilement essayé de

  1. Synèse (De Regno, p. 2) déplore pathétiquement l’état obscur et malheureux dans lequel Cyrène est réduite. Πολις Ελληνις, παλαιον ονομα και σεμνον, και εν ωδη μυρια των παλαι σοφων. Νυν πενης και κατηφης, και μεγα ερειπιον. Ptolémaïs, nouvelle cité, à quatre-vingt deux milles à l’occident de Cyrène, obtint les honneurs métropolitains de la Pentapolis ou Haute-Lybie, qui furent transférés depuis à Sozuse. Voyez Wesseling, Itinerar., p. 67, 68, 732 ; Cellarius, Geogr., t. II, part. 2, p. 72-74 ; Charles de Santo-Paolo, Geogr. sacra, p. 273 ; d’Anville, Géogr. anc., t. III, p. 43, 44 ; Mém. de l’Acad. des inscr., t. XXXVII, p. 363-391.
  2. Synèse avait représenté combien il était peu propre à l’épiscopat. (Epist., c. 5, p. 246-250.) Il aimait les sciences et les plaisirs profanes, ne pouvait supporter les privations du célibat, ne croyait pas à la résurrection, et refusait de prêcher des fables au peuple, à moins qu’on ne lui permit de philosopher chez lui. Théophile, primat d’Égypte, qui connaissait le mérite de Synèse, accepta cette convention extraordinaire. (Voy. Vie de Synèse dans Tillemont ; Mém. eccles., t. XXII, p. 499-554.)
  3. Lisez les invectives de Synèse (Epist. 57, p. 191-201.) La promotion d’Andronicus était illégale, puisqu’il était né à Bérénice dans la province où il commandait. Les instru-