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tifs et même les criminels pouvaient implorer la justice ou la miséricorde de la Divinité ou de ses ministres ; la violence précipitée du despotisme se trouvait suspendue par la bienfaisante interposition de l’Église, et la puissante médiation des évêques pouvait défendre la fortune et la vie des plus illustres citoyens.

Censures spirituelles.

5o. L’évêque était le censeur perpétuel des mœurs de son troupeau. La discipline de pénitence formait un système de jurisprudence canonique[1], qui définissait avec soin les devoirs publics et particuliers de la confession, les conditions de l’évidence, les degrés des fautes et la mesure des punitions. Le pontife chrétien, chargé de cette tâche, ne pouvait, en punissant les fautes obscures de la multitude, respec-

    ouvrages de Fra-Paolo (t. IV, p. 192, etc.) on trouve un excellent discours sur l’origine, les droits, les limites et les abus des sanctuaires. Il observe judicieusement que l’ancienne Grèce contenait quinze ou vingt azila ou sanctuaires, et que ce nombre se trouverait aujourd’hui dans l’enceinte d’une seule ville d’Italie.

  1. La jurisprudence de la pénitence fut successivement perfectionnée par les canons des conciles ; mais comme il restait encore beaucoup de cas à la décision des évêques, à l’exemple du préteur romain, ils publiaient dans chaque circonstance les règles de discipline qu’ils se proposaient d’observer. Parmi les épîtres canoniques du quatrième siècle, celles de saint Basile-le-Grand sont les plus célèbres. Elles sont insérées dans les Pandectes de Beveridge (t. II, p. 47-151), et traduites par Chardon, Hist. des Sacr., t. IV, p. 219-277.