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concile de Rimini, qui tendait à faire accorder à tous les biens ecclésiastiques une franchise entière et universelle[1].

Juridiction civile.

4o. Le clergé latin, qui a élevé son autorité sur les ruines du droit civil et coutumier, a modestement reconnu pour un don de Constantin[2] la juridiction indépendante, qui fut pour lui le fruit du temps, du hasard et de l’industrie. Mais, dès ce temps même, les ecclésiastiques jouissaient déjà légalement, par la libéralité des empereurs chrétiens, de priviléges honorables qui assuraient et ennoblissaient les fonctions sacerdotales[3]. 1o. Sous un gouvernement

  1. In ariminense synodo super ecclesiarum et clericorum privilegiis tractatu habito, usque eô dispositio progressa est, ut juga quæ viderentur ad Ecclesiam pertinere, à publicâ functione cessarent inquietudine desistente : quod nostra videtur dudum sanctio repulsisse. Cod. Théod., l. XVI, tit. 2, leg. 15. Si le Synode de Rimini eût emporté cet article, une pratique si méritoire aurait pu expier quelques hérésies spéculatives.
  2. Eusèbe (in vit. Constant., l. IV, c. 27) et Sozomène (l. I, c. 9) nous assurent que Constantin étendit et confirma la juridiction épiscopale ; mais la fausseté du fameux édit, qui ne fut jamais inséré clairement dans le code de Théodose (voyez t. VI, p. 303), est démontrée avec évidence par Godefroy. Il est étonnant que M. de Montesquieu, jurisconsulte autant que philosophe, ait cité cet édit de Constantin (Esprit des Lois, l. XXIX, c. 16) sans marquer le plus léger soupçon.
  3. La question de la juridiction ecclésiastique a été obscurcie par la passion, le préjugé et l’intérêt personnel. Les deux livres les plus impartiaux qui me soient tombés dans