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ville d’Antioche, d’où, avec une autorité subordonnée, il gouverna les cinq grands diocèses de la préfecture orientale[1]. Dans cet heureux changement de fortune, il n’oublia pas son frère Julien[2], qui obtint les honneurs de son rang, l’apparence de la liberté, et la restitution d’un ample patrimoine[3].

Cruauté et imprudence de Gallus.

Les historiens les plus indulgens pour la mémoire de Gallus, et Julien lui-même qui désirait tirer un voile sur les faiblesses de son frère, avouent que ce César était incapable de régner. Transporté d’une prison sur un trône, il n’avait ni le génie, ni l’application, ni même la docilité nécessaires pour compenser le défaut de théorie et d’expérience. La solitude et l’adversité avaient plus aigri que corrigé son carac-

  1. Relativement à la promotion de Gallus, voyez Idatius, Zosime et les deux Victor. Selon Philostorgius (l. IV, c. 1), Théophile, évêque arien, fut témoin, et en quelque façon garant de cet engagement solennel. Il soutint ce caractère avec fermeté ; mais Tillemont (Hist. des emper., t. IV, p. 1120) croit qu’il n’est point du tout probable qu’un hérétique ait eu de si grandes vertus.
  2. Gallus et Julien n’étaient pas fils de la même mère. Leur père, Julius Constantius, avait eu Gallus de sa première femme, nommée Galla ; Julien était le fils de Basilina, qu’il avait épousée en secondes noces. (Tillemont, Hist. des emper., vie de Constantin, art. 3). (Note de l’Édit.).
  3. Julien eut d’abord la liberté de suivre ses études à Constantinople ; mais la réputation qu’il acquit excita bientôt l’inquiétude de Constance, et on conseilla au jeune prince de se retirer dans les contrées moins en vue de l’Ionie ou de la Bithynie.