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Carthage[1], entretenu à leurs frais, comprenait cinq cents ministres ecclésiastiques. Leur rang[2] et leur nombre furent multipliés par la superstition des temps ; elle introduisit dans l’Église les cérémonies fastueuses des Juifs et des païens. Une longue suite de prêtres, de diacres, de sous-diacres, d’acolytes, d’exorcistes, de lecteurs, de chantres et de portiers, contribuèrent, dans leurs différens postes, à augmenter la pompe et la régularité du culte religieux. Le nom de clerc et ses priviléges s’étendirent aux membres de plusieurs confréries pieuses qui aidaient dévotement au soutien du trône ecclésiastique[3]. Six cents parabolani, ou aventuriers, visitaient les malades d’Alexandrie ; onze cents copiatæ ou fossoyeurs enterraient les morts à Constantinople, et les nuées de moines qui s’élevaient des

  1. Universus clerus Ecclesiæ carthaginiensis… ferè quingenti vel amplius ; inter quos quàm plurimi erant lectores infantuli. Victor-Vitensis, De persec. vandal., v. 9, p. 78, edit. Ruinart. Ce reste d’un état plus florissant subsista même sous l’oppression des Vandales.
  2. On compte sept ordres dans l’Église latine, non compris la dignité d’évêque ; mais les quatre rangs inférieurs, ou ordres mineurs, sont réduits aujourd’hui à un vain nom, à des titres inutiles.
  3. Voy. Cod. Théod., l. XVI, tit. 2, leg. 42, 43. Les Commentaires de Godefroy et l’Histoire ecclésiastique d’Alexandrie montrent le danger de ces pieuses institutions, qui troublèrent souvent la tranquillité de cette turbulente capitale.