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d’abord recommandé comme une vertu, ensuite comme un devoir, et enfin imposé comme une obligation absolue. Celles des religions de l’antiquité qui ont établi un ordre de prêtres distingués des citoyens, dévouaient une race sacrée, une tribu ou une famille au service perpétuel des dieux[1]. De telles institutions avaient plutôt pour objet d’assurer la possession que d’exciter à la conquête. Les enfans des prêtres, plongés dans une orgueilleuse indolence, jouissaient de leur saint héritage avec sécurité ; et la brûlante énergie de l’enthousiasme s’éteignait au milieu des soins, des plaisirs et des sentimens de la vie domestique. Mais le sanctuaire de l’Église chrétienne s’ouvrait à tous les candidats ambitieux qui aspiraient aux récompenses du ciel, ou à des possessions dans ce monde. Les emplois du clergé étaient exercés comme ceux de l’armée et de la magistrature, par des hommes qui se sentaient appelés, par leurs talens et par leurs dispositions, à l’état ecclésiastique, ou qui avaient été choisis par un

  1. Diodore de Sicile atteste et approuve la succession héréditaire de la prêtrise chez les Égyptiens, les Chaldéens et les Indiens (l. I, p. 84 ; l. II, p. 142-153, éd. Wesseling.). Ammien parle des Mages comme d’une famille très-nombreuse : Per sæcula mulia ad præsens unâ eâdemque prosapiâ multitudo creata, deorum cultibus dedicata, XXIII, 6. Ausone célèbre la stirps druidarum (De Professoribus, Burdigal., IV) ; mais la remarque de César (VI, 13) semble indiquer qu’il restait dans la hiérarchie celtique une porte ouverte au choix et à l’émulation.