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fraient que les suffrages libres du peuple nommassent dix huit cents magistrats perpétuels à des emplois importans[1]. Il paraissait juste que ces magistrats n’eussent pas la liberté de s’éloigner du poste honorable dont on ne pouvait pas les priver. Cependant la sagesse des conciles essaya, sans beaucoup de succès, de les forcer à résider dans leurs diocèses, et de les empêcher d’en changer. La discipline se relâcha moins, à la vérité, dans les diocèses de l’Occident que dans ceux de l’Orient ; mais les passions qui avaient nécessité les précautions, les rendirent insuffisantes. Les reproches véhémens dont s’accablèrent réciproquement des prélats irrités, ne servirent qu’à faire connaître leurs fautes réciproques et leur mutuelle imprudence.

Ordination du clergé.

2o. Les évêques étaient seuls en possession de la génération spirituelle ; et ce privilége compensait en quelque façon les privations du célibat[2], qui fut

  1. Tous les exemples cités par Thomassin (Discipline de l’Église, t. II, l. II, c. 6, p. 704-714) paraissent des actes d’autorité extraordinaires, ou plutôt d’oppression. La nomination de l’évêque d’Alexandrie est citée par Philostorgius, Hist. ecclés., l. II, 11, comme faite plus régulièrement que les autres.
  2. Le célibat du clergé, durant les cinq ou six premiers siècles, est un objet de discipline, et en même temps de controverse, qui a été examiné soigneusement. Voyez Thomassin, Discipline de l’Église, l. I, l. II, c. 60, 61, p. 886-902 ; et les Antiquités de Bingham, l. IV, c. 5. Chacun de ces critiques savans, mais atteints de partialité, expose une moitié de la vérité et cache l’autre.