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destiné à défendre la cause de la religion, il affirme, avec la plus parfaite confiance, que dans la nuit qui précéda la dernière bataille contre Maxence, Constantin reçut dans un songe l’ordre de peindre le signe céleste de Dieu, le sacré monogramme du Christ, sur le bouclier de ses soldats, et que sa pieuse obéissance aux commandemens du ciel fut récompensée par la victoire décisive qui couronna sa valeur sur le pont Milvius. Quelques réflexions pourraient faire soupçonner de manque de discernement ou de véracité un rhéteur dont la plume s’était dévouée par zèle ou par intérêt au service de la faction dominante[1]. Il paraît qu’il a publié à Nicomédie son ouvrage sur la mort des persécuteurs de l’Église, environ trois ans après la victoire de Constantin. Mais la distance de plus de mille milles et l’inter-

  1. Cæcilius, De M. P., c. 44. Il est certain que cette déclamation historique a été composée et publiée lorsque Licinius, souverain de l’Orient, jouissait encore de l’amitié de Constantin et de la faveur des chrétiens. Tout lecteur doué de goût doit apercevoir que le style est fort différent et fort au-dessous de celui de Lactance ; et tel est le jugement de Le Clerc et de Lardner (Biblioth. ancien. et mod., t. III, p. 438 ; Crédibil. de l’Évang., etc. part. II, vol. VII, p. 94). Les partisans de Lactance ont produit trois argumens tirés du titre de ce livre, et des noms de Donatus et de Cæcilius. Voyez le père Lestocq, tom. II, p. 46-60. Chacune de ces preuves est en elle-même faible et défectueuse ; mais leur ensemble est d’un grand poids. J’ai souvent flotté dans mon opinion ; je suivrai docilement le MS. de Colbert, et j’appellerai l’auteur, quel qu’il soit, Cæcilius.