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triomphe de la croix, était connu sous la dénomination de Labarum[1], nom fameux, mais dont le sens est inconnu, et dont on a cherché vainement l’étymologie dans presque toutes les langues du monde. Le labarum est dépeint comme une longue pique croisée par une barre transversale[2]. Sur l’étoffe de soie qui pendait de la traverse, on voyait le portrait de l’empereur et celui de ses fils, travaillés avec soin. La tête de la pique était surmontée d’une couronne d’or qui renfermait le monogramme mystérieux présentant à la fois la figure de la croix et les lettres initiales du nom du Christ[3]. Cinquante gardes d’une valeur et d’une fidélité éprouvées veillaient à la sûreté du labarum ; ce poste de distinc-

  1. L’origine et le sens du mot labarum ou laborum, qu’emploient saint Grégoire de Nazianze, saint Ambroise et Prudence, sont encore inconnus, malgré les efforts qu’on a faits inutilement pour lui extraire une étymologie du latin, du grec, de l’espagnol, des langues celtique, teutonique, illyrique, arménienne, etc. etc. Voyez Ducange, in Gloss. med. et infim. latinitat. sub voce labarum ; et Godefroy, ad Cod. Theodos., t. II, p. 143.
  2. Euseb., in vit Constant., l. I, c. 30, 31 ; Baronius (Annal. eccles., A. D. 312, no 26) a fait graver une représentation du labarum.
  3. Transversâ X literâ, summo capite circumflexo, Christum in scutis notat. Cæcilius, De M. P., c. 44 ; Cuper (ad M. P. in Edit. Lactant., t. II, p. 500) et Baronius (A. D. 312, no 25) ont fait graver, d’après les anciens monumens, plusieurs figures de ces monogrammes, qui devinrent très à la mode dans le monde chrétien.