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vaincre les préjugés de sa propre éducation et à mépriser ceux de ses sujets, quand il fit élever au milieu de Rome sa statue portant une croix dans la main droite, avec une inscription qui attribuait sa victoire et la délivrance de Rome à la vertu de ce signe salutaire, le véritable symbole de la force et de la valeur[1]. L’empereur sanctifia, par ce même symbole, les armes de ses soldats. La croix brillait sur leur casque. Elle était gravée sur leurs boucliers et tissue dans leurs étendards. Les emblèmes sacrés dont l’empereur se décorait lui-même, n’étaient distingués que par le fini du travail et par la richesse des ornemens[2]. Le principal étendard qui attestait le

    recte, et simplement par l’allusion qui semble résulter de la comparaison des cinquième et dix-huitième titres du neuvième livre.

  1. Eusèbe, in vit. Constant., l. I, c. 40. Cette statue, ou du moins la croix et l’inscription, peuvent être attribuées avec plus de probabilité à la seconde ou même à la troisième visite que Constantin fit à Rome immédiatement après la défaite de Maxence. L’esprit des sénateurs et celui du peuple n’étaient pas encore suffisamment disposés à recevoir un pareil monument.
  2. Agnoscas regina libens mea signa necesse est,
    In quibus effigies
    crucis aut gemmata refulget
    Aut longis solido ex auro præfertur in hastis.
    Hoc signo invictus, transmissis Alpibus ultor
    Servitium solvit miserabile Constantinus :

    Christus
    purpureum gemmanti textus in auro
    Signabat
    labarum, clypeorum insignia Christus
    Scripserat ; ardebat summis
    crux addita cristis.

        PRUDENT., in Symmachum, l. II, 464-486.