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que les sauvages errans de la forêt Hercynienne, rassemblés d’abord en petit nombre, auront insensiblement formé un grand peuple connu sous le nom de nation germanique. Si l’on osait prétendre ensuite que ces sauvages fussent enfans de la terre qu’ils foulaient aux pieds, un pareil système serait condamné par la religion, et la raison ne fournirait aucune arme pour le défendre.

Fables et conjectures.

Ces doutes sensés sont bien opposés aux notions de la vanité nationale. Parmi les peuples qui ont adopté l’histoire de Moïse, l’arche de Noé est devenue ce que le siége de Troie avait été pour les Grecs et pour les Romains. Sur la base étroite de la vérité, l’imagination a placé l’immense et grossier colosse de la fable. Écoutez l’orgueilleux Irlandais[1] : il peut aussi bien que le sauvage des

    tribu suève. Il y avait le long du Danube, du temps de César, plusieurs autres tribus d’origine gauloise, qui ne purent long-temps tenir contre les attaques des Suèves. Les Helvétiens qui habitaient à l’entrée de la forêt Noire, entre le Mein et le Danube, avaient été chassés long-temps avant César. Il fait aussi mention des Volces Tectosages, venus du Languedoc, établis autour de la forêt Noire. Les Boïens, qui avaient pénétré dans cette forêt, et qui ont laissé dans la Bohème des traces de leur nom, furent subjugués, au premier siècle, par les Marcomans. Les Boïens établis dans la Norique se fondirent dans la suite avec les Lombards, et reçurent le nom de Boïo-arii (Bavière). (Note de l’Éditeur).

  1. Selon le docteur Keating (Hist. d’Irlande, p. 13, 14), le géant Partholanus, qui était fils de Seara, fils d’Esra, fils de Sru, fils de Framant, fils de Fathaclan, fils de Magog, fils de Japhet, fils de Noé, débarqua sur la côte de Munster le 14 mai de l’année du monde 1978. Quoiqu’il réussit dans