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la campagne, s’enferma dans les murs de Byzance.

Siége de Byzance et victoire navale de Crispus.

Constantin mit aussitôt le siége devant cette ville. Une pareille entreprise exigeait de grands travaux, et le succès pouvait en paraître tort incertain. Dans les dernières guerres civiles, les fortifications d’une place si importante, regardée avec raison comme la clef de l’Europe et de l’Asie, avaient été réparées et augmentées ; et tant que Licinius restait maître de la mer, la garnison avait bien moins à craindre de la famine que l’armée des assiégeans. Les commandans de la flotte de Constantin eurent ordre de se rendre auprès de lui, et il leur prescrivit de forcer le passage de l’Hellespont, puisque les vaisseaux de Licinius, au lieu de chercher et de détruire un ennemi plus faible, demeuraient dans l’inaction et continuaient à occuper un détroit où la supériorité du nombre était si peu utile et si peu avantageuse. Crispus, fils aîné de Constantin, fut chargé de cette entreprise hardie : il l’exécuta si heureusement et avec tant de courage, qu’il mérita l’estime de son père, et qu’il excita probablement sa jalousie. Le combat dura deux jours. À la fin de la première journée, les deux flottes, après une perte considérable et réciproque, se retirèrent l’une en Europe, l’autre du côté de l’Asie. Le second jour, il s’éleva vers le midi un vent du sud[1], qui, soufflant avec

    sum et sine ordine agentem vicit exerciium ; leviter femore sauciatus.

  1. Zosime, l. II, p.97, 98. Le courant sort toujours de