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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/459

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Première guerre civile entre ces deux princes. Bataille de Cibalis. A. D. 315, 8 octobre.

La première bataille se livra près de Cibalis, ville de Pannonie, située sur la Save, à cinquante milles au-dessus de Sirmium[1]. Les forces peu considérables que ces deux puissans monarques avaient rassemblées dans une occasion si importante, donnent lieu de croire que l’un fut provoqué subitement, et l’autre surpris tout à coup. Le souverain de l’Orient n’avait que trente-cinq mille hommes ; vingt mille soldats composaient toute l’armée de l’empereur d’Occident. L’infériorité du nombre était compensée toutefois par l’avantage du terrain. Posté dans un défilé large environ d’un demi-mille, entre une colline escarpée et un marais profond, Constantin attendait l’ennemi avec assurance, et il repoussa son premier choc. Habile à profiter de cet avantage, il descendit dans la plaine ; mais les vétérans d’Illyrie se rallièrent sous les étendards d’un chef qui avait appris le métier des armes à l’école de Probus et de Dioclétien. Des deux côtés les armes de trait furent bientôt épuisées ; les armées rivales, animées d’un même courage, s’élancèrent avec impétuosité l’une contre l’autre, et se battirent à coups de lances et

  1. Cibalis ou Cibalæ (dont le nom est encore conservé dans les ruines obscures de Swilei) était à cinquante milles environ de Sirmium, capitale de l’Illyrie, et à cent milles de Taurunum, ou Belgrade, ville située au confluent de la Save et du Danube. On trouve dans les Mémoires de l’Académie des belles-lettres (tom. XXVIII) un excellent mémoire de M. d’Anville, où il fait très-bien connaître les villes et les garnisons que les Romains avaient sur ces deux fleuves.