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pereurs à Milan, lieu désigné pour cette cérémonie, parut cimenter l’union de leurs intérêts et de leurs familles[1]. Au milieu de la joie publique ils furent tout à coup obligés de se séparer. Constantin, à la nouvelle d’une incursion des Francs, vola sur les rives du Rhin ; et l’approche du souverain de l’Orient, qui s’avançait les armes à la main, força Licinius de marcher en personne à sa rencontre. [Guerre entre Maximin et Licinius. A. D. 313.]Maximin avait été l’allié secret de Maxence : sans être découragé par le sort funeste de ce tyran, il résolut de tenter la fortune d’une guerre civile. De la Syrie il se transporta, dans le fort de l’hiver, sur les frontières de la Bithynie. La saison était rigoureuse ; un grand nombre d’hommes et de chevaux périrent dans la neige ; et comme les pluies abondantes avaient rompu les chemins, Maximin fut obligé de laisser derrière lui une partie considérable du gros bagage, qui ne pouvait suivre la rapidité de ses marches forcées. Par cet effort extraordinaire de diligence, il parvint aux rivages du Bosphore de Thrace avec une armée harassée, mais formidable, sans que les lieutenans de Licinius eussent été informés de ses intentions hostiles. Byzance ouvrit ses portes à Maximin après onze jours de résistance. Ce prince fut arrêté quelque temps au

  1. Zosime (l. II, p. 89) observe que Constantin avait promis, avant la guerre, sa sœur à Licinius. Selon Victor le jeune, Dioclétien fut invité aux noces ; mais ce prince s’étant excusé sur son âge et sur ses infirmités, reçut une seconde lettre où on lui reprochait sa partialité prétendue pour Maxence et pour Maximin.