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Siége et bataille de Vérone.

Les voies Émilienne et Flaminienne conduisaient de Milan à Rome par une route facile de quatre cents milles environ ; mais quoique Constantin brûlât d’impatience de combattre le tyran, il tourna prudemment ses armes contre une autre armée d’Italiens, qui, par leur force et par leur position, pouvaient arrêter ses progrès et intercepter sa retraite, si la fortune ne favorisait pas son entreprise. Ruricius-Pompeianus, général d’un courage et d’un mérite distingués, avait sous son commandement la ville de Vérone et toutes les troupes de la province de Vénétie. Dès qu’il fut informé que Constantin marchait à sa rencontre, il envoya contre lui un détachement considérable de cavalerie, qui fut défait dans une action près de Brescia, et que les légions de la Gaule poursuivirent jusqu’aux portes de Vérone. La nécessité, l’importance et les difficultés du siége de cette place frappèrent à la fois l’esprit pénétrant de Constantin[1]. On ne pouvait approcher des murs que par une péninsule étroite à l’occident de la ville. Les trois autres côtés étaient défendus par l’Adige, rivière profonde, qui couvrait la province de Vénétie, d’où les assiégés tiraient un

  1. Le marquis de Maffei a examiné le siége et la bataille de Vérone avec ce degré d’attention et d’exactitude que méritait de sa part une action mémorable arrivée dans son pays natal ; les fortifications de cette ville, construites par Gallien, étaient moins étendues que ne le sont aujourd’hui les murs, et l’amphithéâtre n’était pas renfermé dans leur enceinte. (Voy. Verona illustrata, part. I, p. 142, 150)