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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/389

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corruption du siècle. L’architecture est subordonnée à quelques règles générales et même mécaniques ; la sculpture et la peinture, surtout, se proposent d’imiter non-seulement les formes de la nature, mais encore les caractères et les passions de l’esprit humain. Dans ces arts sublimes, la dextérité de la main ne suffit pas, il faut que l’imagination anime l’artiste, et que son pinceau soit guidé par le goût le plus correct et par l’observation la plus exacte.

Des lettres.

Il est presque inutile de remarquer que les discordes civiles de l’empire, la licence des soldats, les incursions des Barbares, et les progrès du despotisme, avaient été funestes au génie et même au savoir. Les paysans d’Illyrie qui montèrent successivement sur le trône, rétablirent la monarchie sans rétablir les sciences. Leur éducation militaire ne tendait pas à leur inspirer l’amour des lettres. L’esprit même de ce Dioclétien, si actif, si propre aux affaires, n’avait point été cultivé par l’étude ni par la méditation. L’usage de la jurisprudence et de la médecine est si universel, l’exercice de ces professions est si avantageux, qu’elles seront toujours embrassées par un nombre suffisant de personnes assez instruites et douées de quelques talens. Mais cette période paraît n’avoir produit dans ces deux arts aucun maître célèbre dont les ouvrages méritent d’être étudiés. La poésie ne faisait plus entendre sa voix : l’histoire était réduite à des abrégés secs et informes, également dénués d’agrémens et d’instruction. L’éloquence, sans force et vouée à