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avancé lorsqu’ils descendirent du trône, puisque l’un n’avait encore que cinquante-cinq ans, et l’autre cinquante-neuf seulement. Mais la vie active de ces princes, leurs guerres, leurs voyages, les soins de la royauté, et leur application aux affaires, avaient affaibli leur constitution ; ils ressentaient déjà les infirmités d’une vieillesse prématurée[1].

Longue maladie de Dioclétien.

Malgré la rigueur d’un hiver pluvieux et très-froid, Dioclétien quitta l’Italie fort peu de temps après la cérémonie de son triomphe. Il prit sa route par la province de l’Illyrie pour se rendre en Orient. L’inclémence de la saison et les fatigues du voyage, lui causèrent bientôt une maladie de langueur. Quoiqu’il ne marchât qu’à petites journées, et qu’il fût porté dans une litière fermée, son état était devenu très-alarmant, lorsqu’il arriva, vers la fin de l’été, à Nicomédie. Il ne sortit point de son palais durant tout l’hiver. Le danger de ce prince inspirait un intérêt général et sincère ; mais le peuple ne pouvait juger des variations de sa santé que par la consternation ou par la joie peintes tour à tour sur le visage des courtisans. Le bruit se répandit pendant quelque temps qu’il avait rendu les derniers soupirs. L’opinion générale était qu’on cachait sa mort pour prévenir les troubles en l’absence du César Galère. À la fin cepen-

  1. Les particularités du voyage et de la maladie sont prises de Lactance (c. 17), qui peut quelquefois servir d’autorité pour les faits publics, quoique très-rarement pour les anecdotes particulières.