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le lieu de sa résidence égalât la majesté de Rome. [À Nicomédie.]Il employa son loisir et les richesses de l’Orient, à décorer Nicomédie, qui, placée sur les bords de l’Asie et de l’Europe, se trouvait à une distance presque égale de l’Euphrate et du Danube. En peu d’années Nicomédie s’éleva, par les soins du monarque et aux dépens du peuple, à un degré de magnificence qui semblait avoir exigé des siècles de travaux. Elle ne le cédait qu’aux villes de Rome, d’Alexandrie et d’Antioche pour l’étendue et pour la population[1]. La vie de Dioclétien et de Maximien fut très active ; ils en passèrent la plus grande partie dans les camps ou dans des marches longues et fréquentes ; mais toutes les fois que les affaires publiques leur permettaient de prendre du repos, ils se retiraient avec plaisir à Milan et à Nicomédie, leurs résidences favorites. Jusqu’au moment où Dioclétien célébra son triomphe dans la vingtième année de son règne, il est fort douteux qu’il ait jamais visité l’ancienne capitale de l’empire ; et même, dans cette circonstance mémorable, il n’y resta pas plus de deux

    Ingenia, et mores læti, tum duplice muro
    Amplificata loci species ; populique voluptas
    Circus ; et inclusi moles cuneata theatri
    Templa, palatinæque arces, opulensque moneta,
    Et regio
    Herculei celebris sub honore lavacri.
    Cunctaque marmoreis ornata peristyla signis ;
    Mæniaque in valli formam circumdata labro,
    Omnia quæ magnis operum velut æmula formis
    Excellunt : nec junctæ premit vicinia Romæ.

  1. Lactance, De mort. pers., c. 17 ; Libanius, orat., VIII, p. 203.